A.N.A.C.R. ISERE

05 avril 2018

8 mars héroïnes dauphinoises

Hommage aux héroïnes dauphinoises de la Résistance

Jeudi 8 mars 2018 – 10h30

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Le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, a eu lieu au Mur du Souvenir, Place de la Résistance à Grenoble la traditionnelle cérémonie célébrant les Résistantes qui en Isère prirent part aux combats et à la libération du territoire durant la seconde guerre mondiale. Cette année, 200 enfants de l'école primaire Lucie Aubrac, accompagnés de leurs enseignants, ont participé à la cérémonie. Les élèves de CM1 ont écrit un texte sur Lucie Aubrac, ceux de CM2 un texte sur les femmes dans la Résistance. Ils ont récité, à tour de rôle, chaque phrase des textes avec beaucoup d'émotion. D'autres enfants de CM2 ont récité le beau texte de Marianne COHN " Je trahirai demain". Avant le dépôt des gerbes, ils ont, avec un chef d'orchestre interprété le Chant des Partisans. Ils conclurent, après la Sonnerie aux Morts et la Minute de silence, la cérémonie par la Marseillaise. L'assistance nombreuse, qui a accompagné l'hymne national, a été très touchée par la présence de ces jeunes qui ont, sans erreur et malgré l'ambiance solennelle certainement un peu impressionnante pour eux, réalisé une magnifique prestation. Bravo et merci à eux et à leurs enseignants. Au cours de la cérémonie, allocution de Martine Peters, Présidente de l'ANACR puis d'Eric Piolle, Maire de Grenoble. On notait, entre autres, la présence de Violaine Demaret Sous-préfète, Nathalie Beranger Conseillère Régionale, Catherine Kamowski député, Annie David ancienne Sénatrice, le Colonel représentant le Général de la 27e BIM, des membres des associations d'Anciens combattants, dont l'ANACR, leurs portes drapeaux.

 

 Eric Piolle, Maire de Grenoble : intervention

Madame la Secrétaire générale de la Préfecture Violaine DEMARET

Madame la Conseillère régionale Nathalie BERANGER

Madame la Présidente de l'ANACR Martine PETERS

Mesdames et Messieurs

Chers élèves et enseignants de l'école Lucie AubracJe suis heureux que nous soyons si nombreux rassemblés aujourd'hui place de la Résistance, avec autant d'enfants de l'école Lucie Aubrac présents pour cette occasion particulière. En cette journée internationale des droits des femmes, ensemble, nous voulons mettre dans la lumière toutes celles que l'on a appelé « les femmes de l'ombre ». Dans l'ombre de notre histoire, mais aussi dans l'ombre de notre mémoire. L'histoire, sur bien des sujets, s'écrit encore trop souvent au masculin. En ce début de 21e siècle, regarder l'histoire avec justice, c'est ne pas se limiter aux grands hommes, c'est rendre toute leur place aux femmes, qu'elles soient anonymes ou célèbres. Il y a encore du chemin, nous avançons ! Ici, avec vous, ce matin de mars, je veux rendre hommages à ELLES, à TOUTES CELLES, à VOUS TOUTES qui avez fait notre pays, notre ville, vous qui êtes trop souvent dans le silence et dans l'ombre de l'histoire.

Ces femmes remarquables, ce sont aussi celles qui ont été Résistantes pendant la Seconde Guerre mondiale. Elles étaient parfois institutrices, ouvrières ou commerçantes. D'autres étaient femmes au foyer, artistes ou agricultrices. Peu importe leur métier, peu importe si elles étaient riches ou pauvres, toutes un jour ont décidé de résister contre le nazisme. 

Je pense que les enfants, vous savez ce qu'ont fait ces Résistantes ?Certaines ont caché des Juifs, des enfants et des adultes, ou bien d'autres Résistants. Elles les ont soignés, nourris en cachette. Certaines ont fabriqué de faux papiers. D'autres ont écrit des articles en secret, pour diffuser les idées de la Résistance. D'autres encore ont combattu les Nazis avec des armes.

 Toutes ces femmes ont pris des risques immenses, vous le savez. D'ailleurs elles-mêmes le savaient aussi. Elles savaient qu'entrer dans la Résistance, c'était prendre le risque d'être arrêtées, torturées, parfois déportées et tuées. Et pourtant, avec un très grand courage, elles ont fait ce choix-là.

On connait aujourd'hui le nom de quelques-unes de ces Résistantes. Je sais que vous connaissez Lucie AUBRAC en particulier, puisque votre école porte son nom. Elle a été une grande Résistante notamment à Lyon. Vous en connaissez peut-être d'autres aussi, de Grenoble et des environs, même si toutes ne sont pas aussi célèbres. Toutes n'ont pas leur nom dans les livres d'histoire, ni d'ailleurs sur les plaques de nos rues ou sur les écoles de la ville. Elles sont nombreuses à être restées discrètes sur leur engagement.

 Alors aujourd'hui, je veux citer le nom de quelques-unes de ces Résistantes, pour leur rendre hommage. 

L'une d'entre elles s'appelait Marie REYNOARD. Elle était professeure au lycée Stendhal à Grenoble. Elle a réalisé des actions de sabotage, elle a transmis des messages secrets, en changeant plusieurs fois de nom. Elle est morte au camp de Ravensbrück, après avoir été mordue par un chien lancé contre elle par les gardes du camp.

Je veux citer le nom de Paulette JACQUIER, dite Marie-Jeanne. Elle a créé un groupe de Résistants à La Frette, elle a mené des combats armés. Elle a été dénoncée aux Allemands par des miliciens, elle a réussi à échapper à la Gestapo avant d'être arrêtée et de réussir à s'échapper.

 Je veux parler aussi de Gabrielle GENEVEY. Elle ne pouvait pas supporter la chasse aux Juifs et l'arrestation de familles entières. Alors elle a décidé de fabriquer des papiers pour la Résistance avec l'aide de son amie, secrétaire à la Mairie de La Tronche. Elle a prévenu aussi les familles pour qu'elles puissent fuir les arrestations. Elle a ainsi sauvé 1 500 personnes.

 Je veux parler aussi de Simone LAGRANGE, qui a diffusé des tracts de la Résistance alors qu'elle était encore une enfant. Elle a été arrêtée et torturée à l'âge de 13 ans, puis déportée à Auschwitz-Birkeneau. Elle a survécu et a pu revenir en France. Pendant toute sa vie, elle s'est engagée pour que plus jamais de telles horreurs ne puissent arriver. Pour lui rendre hommage, nous venons de donner son nom à la toute nouvelle école qui vient d'ouvrir à Grenoble.

 Et puis il y a eu aussi Marianne COHNRose VALLANDElise RIVETLéa BLAINLouise COLLOMBMarguerite GONNET... et de nombreuses autres femmes anonymes.

 Ce qu'elles ont fait est exceptionnel. C'est d'autant plus exceptionnel que vous le savez les enfants, à cette époque, les femmes n'étaient pas encore reconnues comme des citoyennes à part entière, elles n'avaient pas encore le droit de vote ! Et pourtant elles ont prouvé qu'elles étaient capables de s'engager avec un très grand courage pour défendre ce que nous avons de plus précieux : la liberté.

 Aujourd'hui, en ce 8 mars, nous pensons à ces femmes Résistantes. Nous pensons aussi à toutes les filles et les femmes qui se sont battues et qui se battent encore pour les droits, pour l'égalité et la liberté, à Grenoble, en France et partout dans le monde.

 Les enfants, je sais que vous avez travaillé pour cette cérémonie, en préparant des lectures de textes et de poèmes, des chants. C'est une chose importante et pour cela en tant que Maire de Grenoble, je tiens à vous dire à chacune et chacun de vous : merci. Merci d'être ici aujourd'hui. Merci de rendre hommage à votre tour aux héroïnes de la Résistance, à leur courage, à leur sacrifice. Je souhaite que leur exemple nous donne la force de continuer à lutter nous aussi pour les valeurs de la République : la liberté, l'égalité et la fraternité. Je vous remercie.

 

Martine Peters, Présidente déléguée départementale de l'ANACR : intervention

La journée internationale des droits des Femmes est célébrée partout dans le monde le 8 mars. Née en 1909 de l'histoire des luttes féministes menées sur les continents européens et américain, c'est une journée mettant en avant la lutte pour les droits des femmes et notamment pour la réduction des inégalités par rapport aux hommes. En 1977, les Nations Unies officialisent la journée, invitant tous les pays de la planète à célébrer cette journée en faveur des droits des femmes.

Si l'ANACR, ainsi que l'amicale des FTPF et la FNDIRP, ont souhaité, depuis 2011, qu'en ce jour, une cérémonie soit organisée, avec la municipalité grenobloise, devant cette plaque, ce n'est pas anodin. En effet, qui mieux que les Résistantes incarnent la lutte des femmes pour leur émancipation, leurs droits, leurs revendications. Qui mieux que les Résistantes ont prouvé que le courage, l'engagement  ne sont pas une histoire de sexe, de rang social, de nationalité,  mais de convictions, d'idéaux, de valeurs. Qui mieux que les Résistantes ont, durant les années de guerre, prouvé qu'égales aux hommes, elles pouvaient combattre, vaincre et souvent mourir. Les femmes engagées  dans le combat libérateur durant la Seconde guerre mondiale ont mené de terribles luttes pour la paix, la liberté, l'égalité, le respect de leur dignité, le droit de voter afin, ainsi, de participer à la création d'une société nouvelle voulue par les hommes du CNR, voulue par le peuple, pour le peuple. Le combat résistant des femmes, du plus modeste au plus glorieux, et hélas la déportation, conséquence tragique de leur engagement, que nombre d'entre elles subir, nous font obligation de transmettre leur mémoire. Et pourtant sur 1036 compagnons de la Libération, seules 6 femmes furent distinguées par le Général de Gaulle et reçurent la Croix de la Libération. En Isère, elles furent nombreuses à se lever et prendre leur place aux cotés des hommes.  Pourtant peu ont reçu la reconnaissance qu'elles méritaient, peu ont laissé leurs noms dans notre historie dauphinoise. Il faudra bien, qu'un jour, soit gravée sur le marbre de nos villes, la mémoire de ces vaillantes. Il reste des rues, des places, des lieux à Grenoble et en Isère qui doivent porter les  noms de  celles que leur discrétion ont fait oublier. Les femmes qui choisirent de résister l'ont fait pour de multiples raisons, suivirent de multiples chemins, accomplissant de la plus humble à la plus dangereuse, les taches indispensables sans lesquelles, comme le disait le colonel Henri Rol Tanguy chef de l'insurrection parisienne, les Résistants n'auraient pas pu accomplir tout ce qu'ils ont fait. Les femmes résistantes n'ont écouté que leur conscience, elles ont joué un rôle déterminant pour le retour de la République.

Cette cérémonie, ce matin, revêt un caractère exceptionnel qui nous fait chaud au cœur. La présence d'enfants venus avec leurs enseignants témoigne que la mémoire reste vivante. Aux  professeurs des écoles, dignes héritiers de ceux, qu'à mon époque, on appelait instituteurs, qui se sont investis pour motiver leurs élèves, nous voulons dire, avec chaleur et émotion, nos remerciements de les voir porter cet espoir que nous entretenons depuis tant d'années : que les résistantes dauphinoises ne soient pas reléguées en une ligne dans les livres d'histoires ou pire, oubliées, mais qu'elles restent un phare pour les générations qui viennent. A ces garçons et filles réunis, qui ont appris poèmes et chants pour tisser un lien avec leurs déjà lointaines ancêtres, nous disons un grand merci. Maintenant, ces petits enfants connaissent mieux les acteurs qui ont écrit les pages sombres mais aussi  lumineuses de ce moment décisif de l'histoire. Ils vont devenir des ados et bien sur oublieront peu à peu, vivant au rythme de leurs préoccupations immédiates, mais nous voulons croire que la petite flamme citoyenne allumée aujourd'hui ne sera qu'endormie et que devenus, à leur tour, acteurs de leur vie et de celle de notre pays, ils la laisseront renaître, s'élever et briller pour réaffirmer que l'humain doit prévaloir. Ils se souviendront alors au détour d'une rue, en passant devant un monument, en lisant un livre, en voyant un film,  de ces hommes, ces femmes qui, dans la première moitié du 20siècle, lorsque les brouillards et les ténèbres envahissaient le monde ployant sous les bottes d'une horde de barbares, se sont engagés pour rendre à la France son honneur, rétablissant les valeurs nées de la Révolution française qui en ont fait le pays des droits de l'homme. Ils se rappelleront qu'un 8 mars de leur enfance, ils ont parcouru un bout de chemin avec  ces résistants dont ils chantent aujourd'hui le Chant de combat.

Mais nous devons aussi les mettre en garde car le monde actuel n'est pas celui qu'espéraient les combattants, combattantes, membres des mouvements et réseaux de la Résistance, du CNR, des FFI, des FFL, les déportés n'ayant jamais cessé, même au plus noir du désespoir dans les camps nazis, de croire en l'être humain. Ils aspiraient à l'établissement de sociétés  meilleures où le bonheur de tous prévaudrait sur le malheur, la souffrance, la misère. Nous voyons renaître les pires instincts et prospérer à nouveau  la xénophobie, le racisme, l'épuration ethnique, le fanatisme religieux, l'intégrisme, l'antisémitisme, l'islamophobie, l'homophobie, toutes ces idées liberticides, parentes du fascisme, qui menacent les démocraties. Oubliant les leçons d'un passé de feu et de sang, dans de nombreux pays, les idées d'extrême droite s'ancrent à nouveau dans des parlements, des gouvernements et cela nous inquiète comme hier en Italie. Partout sur notre planète, sont mis à mal les principes d'égalité, de justice, de solidarité, de droit à la différence, d'accueil, de respect, de dignité humaine. Partout couvent des foyers de guerre, des vociférations guerrières s'élèvent, des régions entières subissent tirs de rocket, largage de bombes, destructions, populations massacrées. Ici dans notre pays si riche, si beau, des hommes, des femmes, des enfants vivent dans  des conditions effroyables dans la rue, survivent grâce aux restos du cœur. La pauvreté s'étale sous nos yeux, à nos portes, à nos cœurs ou ce qui est encore pire, derrière les murs lézardés de  nos villes, nos campagnes.  Et tant de nos concitoyens vivent avec la crainte du lendemain, tant de femmes se voient soumises à des violences, sont privées de leurs droits essentiels. Où sont passées les valeurs de la Résistance et l'espérance de Louis Aragon qu'un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange.

Alors demain, ces enfants qui sont notre futur, devront eux aussi s'indigner, se mobiliser, s'engager, résister parce que vivre à genoux n'est pas vivre, ils devront eux aussi comme nos glorieuses Résistantes,  prendre leurs destins en main, refuser l'inacceptable, faire valoir leurs droits, ceux des hommes et des femmes confondus, les droits inaliénables de l'humanité.

 Et pour les enfants qui tiennent notre avenir dans leurs mains voici quelques mots admirables de Jean Ferrat

 Picasso tient le monde au bout de sa palette

Des lèvres d'Éluard s'envolent des colombes

Ils n'en finissent pas tes artistes prophètes

De dire qu'il est temps que le malheur succombe

Ma France

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08 février 2018

Congrès national Dax 20.21.22 octobre 2017 - Résolutions

 

Congrès national de l'ANACR

Dax les 20,21 & 22 octobre 2017

 

Résolution d’Orientation Générale 

Réuni à Dax du 20 au 22 octobre 2017, le Congrès national de l'ANACR fait sien le mot d'ordre du Congrès : « Plus que jamais le besoin de mémoire et d'histoire » développé en sa séance d'ouverture par le rapport présenté par le Bureau National, qu'il approuve.

En 2018, s'ouvre à nouveau une séquence mémorielle de grands événements qui ont marqué la Seconde Guerre mondiale.

  • L'année 2018 sera en effet celle du 75ème anniversaire de la création du CNR et de la libération de la Corse, premier département métropolitain soustrait, en premier lieu par son insurrection, à l'occupation fasciste et nazie ainsi qu'au régime pétainiste,
  • L'année 2019 sera celle du 75ème anniversaire de la publication du Programme du CNR et de la Libération de la France,
  • L'année 2020 sera celle du 75ème anniversaire de la Victoire sur le nazisme et le fascisme japonais.

Soixante-quinze ans après ces événements majeurs pour l'histoire de la France et du Monde, force est de constater que le monde contemporain est fort loin des aspirations et des espérances des peuples, celle d'un monde en paix, celle d'une société humaniste, démocratique et solidaire, dans laquelle l'intérêt général primerait sur les intérêts particuliers, ce qu'exprima en France le Programme du Conseil National de la Résistance.

Le monde contemporain connait les guerres, notre pays s'est à plusieurs reprises trouvé impliqué dans plusieurs d'entre elles, en Afrique centrale et du Nord, il l'est aujourd'hui en Afrique Sahélienne, du Mali au Tchad, il l'est au Proche et Moyen-Orient, en Syrie, en Irak en premier lieu. En Asie Orientale, l'affrontement entre la Corée du Nord et les États-Unis menace de dégénérer en conflit nucléaire. Notre pays, en s'appuyant sur les institutions de sécurité collective mises en place à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, doit jouer un rôle moteur dans les initiatives à diminuer les tensions et à résoudre les conflits par la négociation dans le cadre de l'ONU.

Note société connaît le racisme et la xénophobie, la montée des intégrismes, l'aggravation des discriminations et des exclusions ; la solidarité à dramatiquement reculé, les intérêts particuliers ont pris d'évidence le pas sur l'intérêt général. Le monde et note société sont en crise, une crise qui depuis fin 2008 a pris sur le plan mondial une tournure aiguë, notamment dans plusieurs pays d'Europe, une crise qui, de par la désespérance sociale qu'elle suscite, s'est déjà traduite par la montée de l'extrême-droite fascisante dans quasiment tous les pays d'Europe dont le nôtre. Plus que jamais, il est nécessaire que les valeurs humanistes, sociales et de solidarité du Programme du Conseil National de la Résistance soient portées à la connaissance du plus grand nombre, en le diffusant le plus largement possible à l'occasion du 75ène anniversaire de sa publication en 2019.

C'est ce contexte qui a, s'appuyant sur une méconnaissance de l'Histoire, suscité un regain des idéologies que l'on aurait plus croire définitivement vaincues en 1945, un regain s'accompagnant dans plusieurs pays d'Europe centrale et d'une démarche négationniste de réhabilitation des régimes qui s'en inspirèrent, en France de celle du régime collaborateur pétainiste; en même temps que se développaient des poursuites judiciaires contre des anciens Résistants, contre des victimes de la barbarie nazie. Pire, les idées racistes, autoritaires, antidémocratiques ont parfois diffusé dans des formes dangereuses au-delà de l'extrême-droite. Les campagnes d'hostilité à l'égard des migrants fuyant la guerre, la dictature mais aussi la misère, la famine meurtrière se sont développées. S'appuyant sur la réalité du terrorisme barbare qu'il faut condamner sans la moindre réserve et combattre sans faiblesse, se multiplient les mesures sécuritaires, les remises en cause des libertés démocratiques, à l'instar de ce qui se fit à la veille de la seconde Guerre mondiale et dont les conséquences se firent dramatiques quelques mois, quelques années plus tard.

Cela monte, s'il en était besoin, la nécessité de transmettre la connaissance de ce qu'a été la réalité monstrueuse du fascisme lorsqu'il a été au pouvoir du début des années 1920 à 1945, de ce à quoi ont mené durant cette période les atteintes à la démocrate et les discriminations racistes, la misère sociale conduisant nombre de ceux qui en furent victimes à prêter une écoute aux démagogues.

Face à cette montée de l'extrême-droite, à ces résurgences du fascisme dans tous les pays européens du Nord ou du Sud, de l'Est ou de l'Ouest, ce dont témoigne l'audience que les partis qui s'en réclament recueillent sur le plan électoral, il est souhaitable que puissent être réunies les conditions d'une réponse coordonnée de celles et ceux qui se réclament à travers l'Europe des valeurs de la Résistance à cette menace qui grandit En premier lieu dans le cadre de la Fédération Internationale des Résistants (F.I.R.) dont l'ANACR devient membre associé.

Cela montre aussi la nécessité d'être vigilants à l'égard du négationnisme falsificateur, et de toute tentative d'exonération du fascisme de ses crimes. Cela montre surtout celle de transmettre la mémoire des combats de ceux qui s'opposèrent au fascisme, souvent dès avant-guerre, de ceux que l'Histoire a appelé les Résistants et qui contribuèrent puissamment à l'abattre, de transmette les valeurs qui les motivèrent et qu'exprime le Programme du CNR, dont la mise en œuvre à la Libération des mesures qu'il préconisait permit des avancées démocratiques, économiques et sociales qui, malgré les remises en cause qui intervinrent très tôt, restent encore aujourd'hui dans de nombreux domaines des acquis à défendre.

2018, 2019 et 2020 seront donc des années marquantes pour la mémoire, l'ANACR devra être activement présente à ces rendez-vous pour continuer le combat antifasciste qu'elle n'a cessé de mener depuis 70 ans, pour faire connaître, garder vivantes aujourd'hui, pour faite vivre demain les espérances de la Libération et de la Victoire.

Pour mener ce combat antifasciste, l'ANACR, dont le pluralisme est fondateur et consubstantiel, est par là-même le cadre permettant à toutes celles et ceux, de toutes opinions démocratiques, que révoltent le fascisme, la xénophobie, le racisme et le bellicisme de se rassembler, au-delà de leurs différences de conception de la société, d'optons philosophiques ou de croyances, autour des valeurs humanistes, démocratiques et patriotiques de la Résistance.

Pour autant, cela n'exclut pas de mener sur la base de valeurs partagées des actions communes avec d'autres structures dès lors que cela respecte note pluralisme et surtout ne cantonne pas de facto l'ANACR dans un seul secteur de l'opinion démocratique, ce qui serait contraire à sa nature à son rôle, et à sa mission.

Pour mener ce combat, l'ANACR est une nécessité, cela passe d'abord par l'action, qui est tout à la fois un moyen de diffuser ses orientations et un moyen de recruter de nouveaux adhérents, de former de nouveaux cadres, cela passe par l'utilisation des nouveaux vecteurs de la communication tels ceux qu'utilisent en priorité les jeunes générations, sans négliger les anciens qui gardent leur audience. Le site et le Journal de la Résistance ne sont pas antinomiques, ils doivent être complémentaires.

Plus que jamais, notre société et notre vie démocratique ont besoin de l'exemple des Résistants et des valeurs de la Résistance, nous en serons encore davantage les passeurs.

DAX, le 22 octobre 2017

 

Rapport de la commission transmission de la Mémoire

 Au congrès de Brive, il avait été décidé la mise en place d'un véritable site Internet national de l'ANACR. La commission se réjouit, d'une part de la réflexion menée ces trois dernières années (avec, y compris, un stage) et, d'autre part, de la nomination d'un responsable national (Antoine Poletti) pour sa réalisation.

Il en est de même pour les relations avec les milieux historiens (APHG, Maîtron, Blois, etc.).

Outils

  • Prévoir un texte national de l'ANACR à l'usage des enseignants sur le thème annuel du CNRD et sur les valeurs de la Résistance.
  • Il serait souhaitable que les comités départementaux ajoutent un supplément local.
  • Avec ses moyens, chaque comité pourrait exploiter son capital mémorial afin de produire des outils documentaires sous quelque forme que ce soit.
  • A l'image de certains départements, il pourrait être intéressant que chaque comité mette en place des valises documentaires qui ne serviraient pas uniquement pour l'Éducation nationale, en partenariat, par exemple, avec des médiathèques.
  • De manière générale, nous encourageons les partenariats divers avec les troupes de théâtre, centres pénitentiaires, PJJ...afin de toucher un plus large public.

CNRD

  • Le congrès de l'ANACR s'inquiète des menaces pesant sur le concours.
  • Il considère comme problématique la place plus que réduite des associations de Résistants et de Déportés dans l'organisation du concours.
  • Il constate d'importantes disparités de situation selon les rectorats.

27 mai

  • La commission a échangé sur l'organisation de la journée nationale de la Résistance. Ces échanges montrent son implantation grâce à des initiatives variées et souvent originales de nos comités. C'est une affirmation de notre présence au niveau local.
  • Mais le combat dont l'ANACR a été le fer de lance pour l'instauration du 27 mai reste un combat pour bon nombre de comités aux prises avec certaines municipalités qui refusent de l'organiser, d'y assister ou évincent la prise de parole de l'ANACR.
  • La commission relève l'importance du travail des recherches historiques des comités qui permettent d'ancrer le 27 mai dans l'histoire locale.

Numérique

  • On note une certaine inquiétude quant à l'usage des outils de communication, notamment le site Internet.
  • Il est émis le souhait que celui-ci devienne un réel outil de communication pour l'ANACR mais aussi une banque de données avec une partie accessible aux seuls membres de l'association afin de pouvoir échanger nos expériences et mutualiser nos compétences.
  • L'utilisation des réseaux sociaux apparaît inévitable afin de poursuivre notre travail de mémoire. Elle permet de toucher des personnes qui n'auraient pas accès à notre message autrement.
  • Il est bien évident que l'utilisation de ces outils nécessite la compréhension puis la maîtrise de gestion du site afin d'éviter tout problème en raison des commentaires.
  • La mise en place d'un réseau de veille afin de contrôler et contrecarrer surveiller les propos négationnistes et/ou fallacieux tenus sur la Résistance doit être envisagée.

 

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18 janvier 2018

Les rendez-vous de la Résistance 2018

Le Programme

JEUDI 18 JANVIER

20.00 : Les Gardiennes (film de Xavier Beauvois, 2017)

En présence d'Andrée Lancha, professeur honoraire

Cinéma le Jeu de Paume, Vizille

 

SAMEDI 27 JANVIER

16.00 : Récits du camp des Milles - l’engrenage final (documentaire d’Antony Fayada et Renaud Lavergne, 2015)

En présence de Robert Mencherini, historien

Bibliothèque Kateb Yacine, Grand Place, Grenoble.

 

JEUDI 8 FÉVRIER

19.30 : Django (film d'Etienne Comar, 2017)

En présence d'Emmanuel Filhol, historien

Cinéma Mon Ciné St Martin d’Hères.

 

VENDREDI 2 MARS

18.00 : Arsène Tchakarian, Mémoire de l’Affiche Rouge (documentaire de Michel Violet, 2017)

En présence de Claude Collin, historien

Dans le cadre de la 6ème semaine de l’Affiche rouge, en partenariat avec l’Association des Anciens Combattants Arméniens de l’Armée Française, et l’amicale des FTPF.

Institut de la Communication et des Médias, 11, avenue du 8 mai 1944, Échirolles

Cliquer sur l’image pour télécharger la plaquette

JEUDI 15 MARS

20.00 : Nos Patriotes (film de Gabriel Le Bomin, 2017)

En présence de Louis Branchy, Résistant

Cinéma le Diamant, Pont-de-Beauvoisin.

 

JEUDI 29 MARS

20.00 : Mourir à Madrid (film de Frédéric Rossif, 1962) (sous réserve). En présence de Louis Branchy, Résistant

Cinéma le Diamant, Pont-de-Beauvoisin

 

MARDI 3 AVRIL

20.00 : Mémoire en marche, sur les traces des tirailleurs sénégalais 1939-1945 (documentaire de Julien Masson, 2016). En présence du réalisateur

La Vence Scène, St Égrève

 

JEUDI 26 AVRIL

18.00 : Nuremberg, les nazis face à leurs crimes (documentaire de Christian Delage, 2006)

19.30 : Justice internationale, de Nuremberg à la Haye, juger les crimes contre l’humanité (conférence-débat)

En présence de Philippe Gréciano, Professeur Université de Grenoble-Alpes

Dans le cadre de la commémoration de la libération des camps de concentration, dimanche 29 avril 2018, en partenariat avec la FNDIRP et la ville de Grenoble

Salon d’honneur de l’Hôtel de ville de Grenoble

 

JEUDI 17 MAI

18.00 : L’espionne aux tableaux (documentaire de Brigitte Chevet, 2015). En présence d'Emmanuelle Polack, docteur en histoire de l’Art. En partenariat avec l’Association la Mémoire de Rose Valland

Bibliothèque Centre Ville, Grenoble

 

LUNDI 22 MAI

18.00 : Provence 15 août 1944, l’autre débarquement (documentaire de Christian Philibert et Laurent Moënard, 2014)

Les Forces de la Liberté, le débarquement de Provence (exposition réalisée par l’ONAC)

En présence de Jean Marie Guillon, historien

Salle Edmond Vigne, Fontaine

VENDREDI 25 MAI

18.00 : Julien Lauprêtre, Solidarité le sens d’une vie (film-documentaire de Laurence Karsznia et Mourad Laffite, 2017)

En présence de Julien Lauprêtre, Résistant, Président National du Secours Populaire, et des réalisateurs

Dans le cadre de la Journée de la Résistance en partenariat avec la ville de Grenoble, le Secours Populaire (sous réserve), la FNDIRP, l’Association des Anciens Combattants Arméniens de l’Armée Française.

Auditorium du Musée de Grenoble

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14 décembre 2017

Jo Vittaz avait été fait Chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur

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Jo Vittaz avait été fait Chevalier dans l'ordre de la Légion d'honneur. Le 25 juillet 2015 , au cours d'une sympatique créémonie, Denise Meunier, Présidente départementale d el'ANACr lui avait remis l'insigne de chevalier

Le 24 juillet 2015, à Morestel, en présence d’élus du canton, de membres de l’ANACR, d’associations d’anciens combattants, de nombreux porte -drapeaux et d’une nombreuse assistance, Denise Meunier a remis à Jo Vittaz l’insigne de Chevalier dans l’ordre de la Légion d’honneur, après avoir rappelé les engagements de Jo.

Ont également pris la parole le Député Alain Moyne Bressan et le maire de Morestel Christian Rival, salant le parcours de Jo et son implication dans le travail de mémoire auprès des jeunes générations.

Françoise Micolaud, Présidente du Comité ANACR de Morestel, qui a travaillé de nombreuses années aux cotés de Jo Vittaz a prononcé un émouvant discours.

"Joseph Vittaz, né le 29 mars 1923 à St Benoit dans l’Ain, habitera par la suite avec sa famille à Le Bouchage dans l’Isère puis Morestel. En mars 1943 il sera incorporé aux chantiers de jeunesse à Cormatin dans le département de Saône et Loire, groupement 4. Suite à une permission de 10 jours début août 1943 Jo ne réintégrera pas le camp pour échapper ainsi au départ pour le STO. Il se cachera dans sa famille à Parves jusqu’au début mai 1944. Jo sera de retour au Bouchage et entrera en contact avec le groupe de résistance qui, quelques jours plus tard, deviendra le Maquis d’Ambléon. Il sera incorporé le 12 juin 1944 au premier groupe de la 4ème section dite « la volante » commandé par le Sous-lieutenant Marcel Couthon. Jo participa à tous les combats du 27 juillet 1944 au 28 Août 1944, à la libération de Jallieu et Bourgoin. Le 28 Août 1944 à St Bonnet de Mure, face aux blindés ennemis, Jo sera gravement blessé mais sauvé de la mitraille par deux solides camarades. Dirigé  sur St Pierre de Chandieu où il recevra les premiers soins puis à l’hôpital de Bourgoin où il sera opéré et par la suite à l’hôpital de Morestel appelé hôpital FFI dont le Docteur Lazarovici avait en charge les soins aux blessés.

 Membre  de l’association AMARA puis ANACR  où il sera secrétaire pendant de nombreuses années ainsi que porte-drapeau. Président d’honneur du comité ANACR de Morestel et membre du comité d’honneur Départemental. Titulaire de plusieurs distinctions. En 2010, la Médaille Militaire remise au Mémorial d’Ambléon par le Commandant Frédéric Massip, chef d’escadron de la gendarmerie de Belley.

En 1974, avec des anciens compagnons Résistants, ils organisent une exposition sur la Résistance et la Déportation, puis en 1983 et en 1994 avec toujours de plus en plus d’élèves. Jo transmettra cette mémoire en milieu scolaire pendant plus de 30 ans. En 2002, j’ai eu l’honneur d’être auprès de Jo et Félix Magniez au collège François Auguste Ravier de Morestel. Pendant quelques temps, Jo arrêta ses témoignages pour s’occuper de son épouse Juliette décédée en 2005. Jo a transmis cette mémoire jusqu’en avril 2012 au collège Philippe Cousteau à Tignieu-Jamezieu.

Cette promotion est une très belle reconnaissance de la nation. Elle récompense une vie au service des autres.

Jo, aujourd’hui, c’est avec une profonde émotion que je veux en mon nom personnel, au nom de l’ANACR, te dire combien nous sommes tous fiers de cette haute distinction que tu vas recevoir dans quelques instants. Je te souhaite un beau moment de partage et d’amitiés.

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décès de Jo Vittaz

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Le Bureau départemental de l'ANACR en deuil

Nous venons d'apprendre le décès dans sa 95ème année de notre camarade et amiJoseph Vittaz, Résistant, engagé au sein du maquis d'Ambléon, membre du Comité départemental de l'ANACR Isère durant de nombreuses années et Président d'Honneur du Comité ANACR de Morestel & Nord Isère.

Jo Vittaz était titulaire des décorations suivantes : Chevalier de la Légion d'Honneur Croix du Combattant - Croix du Combattant Volontaire de la Résistance (CVR) - Insigne des réfractaires - Croix de guerre 39-45 avec étoile de bronze- Médaille Militaire

La direction départementale présente à la famille de leur camarade ses condoléances fraternelles et assure le comité Morestel et Nord Isère de son amical soutien pour la disparition de leur Président d'honneur.

Selon ses vœux, la crémation aura lieu dans la plus stricte intimité.

 

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21 juin 2017

Disparition De Mireille Monier Lovie, Amie de la Résistance, Vice-présidente nationale

                                               Mireille Monier  Lovie

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Mireille Monier Lovie est décédée le 2 juin. Ses amis de l'ANACR la savaient malade mais l'annonce de son décès n'en est pas moins un choc douloureux, terrible, Présidente déléguée Départementale de l'ANACR de la Drôme, Vice-présidente natio

nale, membre de la direction nationale des Amis depuis leur création, Mireille, avait avec notre Comité départemental des relations étroites d'amitiés. Mireille a consacré à l'ANACR toute son énergie, qu'elle avait grande, son intelligence, sa profonde connaissance des problèmes du monde combattant. Aux côtés de Jean Buisson, alors Président départemental de la Drôme à l'origine de la proposition de la Journée Nationale de la Résistance en 1988, Mireille a été une combattante déterminée pour faire aboutir cette juste revendication. Son franc parlé, ses enthousiasmes, ses colères homériques aussi, ont marqué notre association. Fidèle en amitiés, profondément humaniste, dévouée totalement à l'ANACR sa disparition est ressentie cruellement  par tous ceux qui l'ont connue et aimée, particulièrement les Amis de la Résistance de la première heure du BN à qui elle va tant manquer. Mireille était Chevalier de la Légion d'honneur et des Palmes académiques.  Avec notre profonde affection et nos condoléances émues et fraternelles, l'ANACR Isère assure Jean son époux, ses filles, son petit-fils Thomas qu'elle aimait tant, de son soutien le plus fidèle.

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Hommage à Antoine Polotti et Marco Lipszyc

Le 17 mai à Fontaine,22 Avenue Jean Jaurès, a eu lieu la cérémonie en hommage à Antoine Polotti commissaire aux effectifs et Marco Lipszyc commissaire aux opérations tous les deux membres de la direction des FTPF en Isère.
Intervention de Martine Peters Présidente départementale Déléguée :

 Comme chaque 17 mai, nous venons ici rendre hommage à la Résistance et à deux de ses martyrs. Cependant, cette année 2017 n’est pas une année comme les autres, cette année a été et reste celle de tous les dangers. En effet, les élections Présidentielles, avec une campagne électorale inouïe, ont montré que nombre de nos compatriotes ne se reconnaissent plus dans les valeurs de la République. Les idéologies qui ont engendré l’effroyable carnage du 20ème siècle renaissent, le racisme, la xénophobie, le refus des différences continuent à se répandre comme les plaies de l’Egypte. La banalisation du FN et de ses idées liberticides, dans les médias comme dans le discours de nombreux hommes politiques qui par conviction ou surenchère démagogique à visées électoralistes, s’en font parfois l’écho, est particulièrement inquiétante, pour preuve plus de 10 millions d’électeurs, bien plus qu’en 2012, qui, sans problème de conscience, ont voté pour la candidate du Front National. Comme Hercule nettoyant les écuries d’Augias avec  les eaux des fleuves,  la présidente du FN dans un flot de contre-vérités, de mensonges, d’omissions, veut  faire croire à un parti nouveau, sans passé, sans passif, en rupture d’extrême droite, un parti démocratique, républicain et social, cherchant à dédiaboliser cette vieille baderne outrancière, convoquant les grandes figures de la gauche, comme  Jean Jaurès, Jean Zay et offense suprême Jean Moulin, distordant l’histoire pour nourrir ses fantasmes récurrents de France pure, blanche, catholique. Pourtant même relooké couleur  pastel, le FN demeure le digne héritier des ligues fascistes d’avant-guerre, recyclant les idées nauséabondes vert de gris de Maurras, appelant à la haine, à l’exclusion, à un nationalisme exacerbé. L’ampleur de la crise morale, sociale et de la démocratie que connaît notre pays, très largement la conséquence de la remise en cause - encore accentuée cette dernière décennie - du pacte social et républicain mis en place à la Libération en s’inspirant du Programme du Conseil National de la Résistance, de la remise en cause des principes de maintien de la paix, de coopération entre les nations et de solidarité entre les peuples concrétisés par la création de l’ONU en 1945 lui ouvre un boulevard. Bien qu’écarté du pouvoir suprême pour cette fois, il va revenir lors des élections législatives et c’est pourquoi notre vigilance doit demeurer constante. Pour enfoncer le clou et montrer le vrai et hideux visage du danger frontiste ou de quelque nom dont il va s’affubler, l’ANACR s’appuie sur l’histoire de la Résistance, sa vérité, ses enjeux, ses aspirations, ses réalisations et se prononce pour une société juste et fraternelle, pour un monde pacifique et solidaire

Voilà le sens profond de notre présence ce soir : Etre fidèles aux valeurs humanistes, patriotiques et démocratiques de la Résistance, ces valeurs qui ont inspiré la lutte des Résistantes et Résistants, ces valeurs que Georges commissaire aux effectifs et Lenoir commissaire aux opérations, tous deux responsables FTPF, portés en eux, forgeant leur légende des premières révoltes à ce jour tragique de mai  1944. Nous sommes là pour qu’au-delà de la commémoration annuelle convenue, par un véritable travail militant, se transmette aux plus jeunes, ce que fut leur combat, ce que fut la Résistance et son héritage.

La mémoire est un enjeu idéologique, un combat qu’il faut mener sans concession, sans transiger, sans compromission afin de forger la conscience des citoyens d’aujourd’hui mais surtout de demain. Ainsi nous pourrons montrer le vrai et hideux visage des partis d’extrême- droite.

Le temps ravageur fait son œuvre, les témoins de cette époque sont de moins en moins nombreux, les  visages d’Antoine et de Marco ne sont plus que des photos aux tons fanés, leur histoire s’éloigne.

Alors il faut redire, encore, avec les mêmes mots, les vies qui se sont figées il y a 73 ans, sous les coups de la barbarie. J’éprouve toujours la même émotion en parlant d’eux,  parce que ces hommes au parcours exceptionnel, sont le symbole de ce que furent les Résistants et les Résistantes, engagés dans les combats libérateurs, engagés parce qu’avant tout communistes, engagés parce que voulant un monde de paix, de liberté, de justice, engagés parce qu’après la honteuse capitulation de Pétain, refusant la défaite, l’occupation des troupes nazies et la collaboration de Vichy, ils veulent « faire quelque chose » pour leur pays, celui des droits de l’homme qui leur avait ouvert les bras.  

Pour se souvenir et commémorer il faut savoir.

Les 14. 15 et 16 mai 1944, à  Lyon, à la suite d’une trahison, la quasi-totalité de l’état- major de l’inter région FTP de la Zone sud, sauf  3 membres, sont arrêtés par les hommes de  Klaus Barbie. Cela va entraîner des arrestations en cascade. En Isère aussi, les chefs FTPF se sentant menacés, l’Etat-major FTP décide de quitter l'agglomération grenobloise et de prendre le maquis. Le Comité militaire régional des FTP (Isère /Hautes Alpes) se réunit à 14 heures dans l’appartement de la famille Poulet. Un quart d’heure après le début de la réunion, 3 voitures de la Milice et 1 de la Gestapo s’arrêtent devant l’immeuble. Au court de l’échange de coups de feu, Polotti est abattu, Lipszyc blessé, est conduit à l’hôpital militaire de la Tronche, soigné,  puis transféré à l’hôtel Gambetta siège de la Gestapo. Le 21 juillet, au désert de l’Ecureuil à Seyssinet, il est fusillé avec 9 autres résistants. On peut raisonnablement penser que ces arrestations sont liées à la chute de l'Etat-major FTP de la Zone Sud même si on ignore toujours comment la Milice et la Police allemande étaient au courant de cette réunion.

Mais qui étaient ces deux responsables au parcours presque identique. Tous deux vont connaître l’exil très tôt, Marco, juif, né en 1912 dans une famille de la classe moyenne plus tard anéantie par les nazis, fuit la Pologne des colonels fascistes et antisémites, atterrit à Paris, Antoine, dont le père Maire d’une petite ville italienne  a fui l’Italie fasciste de Mussolini,  se retrouve à Longwy, adhère au  PCF en 35, et en 36 est à la tête des syndicats de la sidérurgie du bassin de Longwy.

Tous deux rejoignent les Brigades Internationales pour défendre la République  espagnole attaquée par les rebelles putschistes  de Franco et les avions de l’armée nazie qui font, à Guernica, sur cette terre rougie du sang mêlé des combattants et des civils leurs premiers raids meurtriers. Marco et Antoine font connaissance dans cette guerre civile, vivront les mêmes combats que les républicains,  jusqu’à l’automne 38 où à Barcelone devant 30 milles personnes et Dolores Ibarruri, la Pasionaria,  les brigadistes quittent une Espagne vaincue par les nationalistes.

Retour en France, la Meurthe et Moselle pour Antoine et la direction fédérale du PCF, Marco lui arrive à Grenoble pour retaper sa santé mise à mal par la guerre, travaille chez Merlin Gerin mais continue à fréquenter les lieux, les cafés ou les étudiants grenoblois de gauche refont le monde. Tous deux fondent une famille et en 1939 mobilisés sous l’uniforme français, ils recevront pour leurs actes de bravoure la croix de guerre.

Antoine à la demande du PCF va participer à la Résistance en Isère, prend contact avec Kioulou, Naime, Dufour, assume des responsabilités au Front National de la Résistance, puis au Comité Militaire Régional à l’Etat-major FTP Isère-Hautes Alpes. Marco mène de front sa tache militante sur son lieu de travail et son rôle de responsable politique communiste en Isère vivant le quotidien d’un résistant, il participe à la constitution des FTP, assume à la fois les actions sur le terrain et les fonctions dirigeantes, en février 44 il devient à côté de Polotti responsable politique, le responsable militaire FTP, renouvelle une direction décimée, organise un nouveau réseau de contacts, prend en charge l’organisation et la direction des 9 bataillons FTP .

 Antoine Polotti, Marco Lypszyc levés à l’aube du combat, ayant compris plus vite que beaucoup le danger du nazisme, sont morts jeunes, n’ont pas eu le temps de raconter, de transmettre leurs actions, leurs raisons, leurs engagements. Grace aux travaux d’historiens comme Claude Collin et son livre sur Marco Lypszyc, nous le connaissons un peu mieux mais  combien d’autres particulièrement FTPF, mériteraient de tels ouvrages car tous, ainsi que le disait Raymond Aubrac, pratiquaient la désobéisance. Le colloque sur les FTPF qui s’est tenu jeudi passé au Palais du Parlement a démontré qu’il y a encore beaucoup de recherches à mener sur ce sujet. 

Les résistants ne voulaient pas éradiquer le nazisme, le fascisme, ils se battaient pour une société plus égalitaire, plus fraternelle. Le rôle du CNR, la détermination obstinée de son premier Président Jean Moulin ont été capital tant pour l’union de la Résistance, et la victoire finale que pour l’avènement d’une France nouvelle grâce au programme du CNR « les jours heureux ». Les conquis de programme novateur, socle de notre pacte républicain, sont de décrets en lois, de renonciations en trahison, grignotés, rabotés, ou carrément supprimés, il est indispensable de rappeler que c’est dans une France exsangue après 5 ans de guerre, que les mesures les plus emblématiques comme la Sécurité sociale, les retraites, les nationalisations ont été les leviers pour promouvoir une société nouvelle, et que Ambroise Croizat, Marcel Paul ministres communistes à la libération ont, en 2 ans, changé la vie de millions de français et de françaises leur donnant enfin le plus précieux des biens - la dignité.

Ce passé de feu de fer de sang mais aussi d’espoirs, se lit en filigramme sur ce mur où sont gravés pour toujours les noms d’Antoine Polotti et Marco Lypszyc, nous ne devons pas le laisser disparaitre dans les brumes de l’oubli. Parce qu’ils pensaient qu’un jour l’humanisme gagnerait contre l’obscurantisme, que  la France, terre d’asile sans distinction d’origine, de culture, de religion demeurerait un phare pour le monde, parce qu’ils ont donné leur vie pour notre pays, leur pays, et qu’avec des milliers et des milliers de Résistants, ils lui ont rendu sa dignité, sa liberté, son honneur nous continuerons à maintenir vivante leur mémoire.

Permettez-moi d’achever avec ce magnifique hommage, bien connu mais si vrai,  de Pierre Brossolette, disant des résistants, à la BBC, le 22 septembre 1942 :

 La gloire est comme ces navires où l'on ne meurt pas seulement à ciel ouvert mais aussi dans l'obscurité pathétique des cales. C'est ainsi que luttent et que meurent les hommes du combat souterrain de la France. Saluez-les, Français ! Ce sont les soutiers de la gloire.

 

 

 

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Colloque FTPF en Isère, Savoie, Hautes Alpes

Le 11 mai  s’est tenu à Grenoble dans le Palais du parlement un colloque sur l’histoire des FTP. Le Musée de la Résistance et de la Déportation, des historiens, l’ANACR Isère, l’Amicale des anciens FTPF-FNR, l’AAMRDI, la FNDIRP, le Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes, se sont retrouvés pour la réalisation de ce moment d’histoire et de la publication d’un ouvrage riche de nombreuses contributions d’historiens publié aux PUG. Cette journée de réflexion sur les FTPF, ce livre vont poser des jalons précieux  pour mieux appréhender ce que fut ce mouvement résistant particulièrement important.

La matinée présidée par Olivier Cogne, historien, responsable du Musée Dauphinois a commencé par le salut de Jean Claude Perrin représentant le Président du Conseil Départemental, puis Alfred Rolland Président de l’Amicale des anciens FTPF-FNR a pris la parole suivi par Jacques Rolland. Cinq historiens sont intervenus pour une vingtaine de minutes chacun, Jean Marie Guillon pour l’introduction, Guy Krivopissko : les FTP de l’Isère dans les collections du Musée de la Résistance nationale de Champigny, Olivier Vallade : les FTP et la lutte armée à travers la presse clandestine locale, Claude Collin : le PCF et les FTP dans la Résistance iséroise, Marc Mauberret : la Résistance communiste dans le bassin minier matheysinL'après -midi les travaux reprirent sous la présidence de Michèle Gabert historienne. Sont alors intervenus les historiens  Jean Pierre Pellegrin : la Résistance FTP dans les Hautes Alpes un sujet ignoré, Michel Aguettaz : FTP dans la Résistance en Savoie une histoire toujours à compléter, Gil Emprin : De la lutte pour la Libération à l’action politique : que sont devenus les FTP (1944-1945) ? Enfin le colloque s’est achevé par la conclusion de Jean Marie Guillon. Un temps a été consacré au jeu des questions réponses. 

Intervention Alfred Rolland Président de l’amicale des F.T.P.F. de l’Isère.INTERVENTION__ALFRED_ROLLAND 

Intervention Jacques Rolland INTERVENTION__JACQUES_ROLLAND

Cliquez sur les liens pour accéder aux interventions

 

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Comprendre le FN pour mieux le combattre

L’ANACR départementale a organisé sa troisième journée de formation portant sur la connaissance de l’extrême-droite, le samedi 25 mars. Charles Lancha qui a fait un exposé très complet, précis et très documenté sur le FN ses tentatives de dédiabolisation, ses idées, son programme. Cliquer sur le lien pour lire cette intervention

intervention_Charles_Lancha

 

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La Journée de la Résistance, suite des interventions

Intervention de Martine Julian, Conseillière municipale déléguée à la Mémoire  ville de Grenoble

Depuis 2013, se tient chaque année la Journée nationale de la Résistance, dans le but de rendre hommage aux personnes qui ont lutté contre l’occupation et le régime nazi. Et pour cette commémoration, c’est la date du 27 mai qui a été retenue : date anniversaire du jour où en 1943, s’est tenue la première réunion fondatrice de ce qui allait devenir le Conseil national de la Résistance, le CNR.

Cela se passait en plein centre de Paris, dans l’appartement de René Corbin, un haut fonctionnaire proche de Jean Moulin, au premier étage du 48 rue du Four. Cette réunion, d’une importance politique extrême, était l’aboutissement d’un long travail de préparation mené depuis plus d’un an par l’homme que le général de Gaulle avait missionné à cette fin : Jean Moulin. Celui-ci était ainsi parvenu à l’unification des différentes forces de résistance de toutes tendances, ce qui était en soi un véritable tour de force : mettre autour de la table des représentants aussi bien des 8 grands mouvements de résistance, des deux grandes centrales syndicales et des 6 principaux partis politiques de la IIIe République.

Peu de temps après, le 21 juin, « Trahi, fait prisonnier, affreusement torturé par un ennemi sans honneur, Jean Moulin mourait pour la France, comme tant de bons soldats qui, sous le soleil ou dans l’ombre, sacrifièrent un long soir vide pour mieux remplir leur matin. » (Mémoires de guerre, Charles de Gaulle)

Il s’agissait donc d’unifier les mouvements de la Résistance, mais dans quel but ? Le plus urgent était, assurément, de mener le combat immédiat, quotidien, contre l’ennemi, l’occupant, les nazis, de mettre fin au gouvernement de collaboration. Mais là n’était pas le seul but de cette réunion. L’ambition comme aussi la clairvoyance de Jean Moulin et de ceux qu’il avait réunis allaient bien au-delà.

La première conséquence de cette réunion fondatrice du CNR fut la reconnaissance de la légitimité du général de Gaulle sur le plan international. C’est ainsi que la France sera présente lors de la capitulation des armées nazies le 8 mai 1945. C’est ainsi encore que, lors de la création de l’ONU, elle sera l’une des 5 grandes puissances à siéger au Conseil de Sécurité.

Mais dès cette date, en mai 1943, alors que l’issue victorieuse n’était qu’un lointain espoir, il s’agissait aussi de réfléchir sur l’après et de donner des fondements à un nouveau gouvernement, refonder la démocratie par l’élaboration d’un programme politique qui était à la pointe du progrès économique et social.

Les auteurs de ce programme devaient élaborer un modèle social qui mettait l’accent sur les droits et l’égalité des citoyens. Il instituait : un plan complet de sécurité sociale, préfiguration de notre Sécurité Sociale - l’éducation pour tous, avec une mention particulière pour l’éducation populaire - les retraites -la nationalisation des grandes entreprises qui avaient été exploitées par l’occupant- un programme culturel - l’indépendance de la presse, etc.

 Alors, devant un fait d’une telle importance, on peut se demander pourquoi l’on a attendu si longtemps, 70 ans, pour décider l’instauration de cette Journée nationale, pour ressentir l’impérieux besoin de mettre à l’honneur un homme comme Jean Moulin, mais aussi tous ceux qui l’ont accompagné ? Aujourd’hui, les faits peuvent paraître lointains, s’estomper dans les brumes du temps.

Mais précisément, c’est lorsqu’un épisode de l’histoire, de la culture, voire un fait de civilisation, tend à disparaître qu’il devient nécessaire, indispensable d’en parler et d’entretenir la flamme. C’est précisément pour conjurer l’oubli, qu’il faut remettre la pendule à l’heure.  Le temps ne fait rien à l’affaire !

En l’occurrence, ce programme du CNR, dont nous sommes les héritiers, quoi qu’on en dise, reste toujours d’actualité ; plus que jamais il doit être d’actualité, car les fondements sur lesquels il repose sont les fondements même d’une démocratie ouverte à tous, les fondements même de la République. Ce programme s’élevait contre le nazisme, il reposait sur l’affirmation des valeurs républicaines qui avaient été bafouées par un pseudo-gouvernement de collaboration.

Cette journée est donc faite pour commémorer un événement qui a eu des prolongements considérables jusqu’à nos jours. Mais un tel événement doit nous amener également à réfléchir sur notre présent, voire sur notre futur.

Alors que de manière régulière au gré de telle cérémonie, de telle commémoration ou autre manifestation, la Résistance est mise à l’honneur pour célébrer le courage, l’engagement, la lucidité de ces hommes et de ces femmes du passé, suffisamment convaincus de la justesse de leur lutte pour aller jusqu’à risquer leur vie, voilà qu’aujourd’hui, le verbe Résister n’a pas vieilli et prend toujours le même sens. Décidément depuis Marie Durand et ses compagnes de la Tour de Constance, jusqu’à Jean Moulin dans la prison de Montluc ou Nelson Mandela sur l’île de Robben Island, l’actualité nous somme toujours de rappeler l’inaliénabilité de notre devise qui s’affiche au fronton des Institutions publiques et des écoles, « Liberté, Égalité, Fraternité ».

Aujourd’hui Jean Moulin est entré au Panthéon « avec son terrible cortège », comme l’a proclamé Malraux. La leçon de celui qui disait :« Je ne savais pas que c’était si simple de faire son devoir quand on est en danger », doit nous conduire, non sur un chemin de haine de l’autre, de racisme ou d’exclusion, mais un chemin d’accueil, d’ouverture, de fraternité.

« Passant, souviens-toi ! » La formule est fréquente sur les tombes, sur les monuments. Mais il ne s’agit pas seulement de se souvenir. Ayons la lucidité de ceux qui nous ont précédés, car aujourd’hui nous ne pouvons pas dire : « Nous ne savions pas ! ». Nous savons ce qu’est une dictature, ce qu’est le fascisme, ce qu’est le nazisme. Il convient d’agir, avant qu’il ne soit trop tard.

 La barbarie refait surface, guidée par des idéologies obscures. L’exclusion de l’autre, parce que différent, reste une tentation à portée de main. L’arbitraire revêt des déguisements terriblement trompeurs. La bête immonde est toujours prête à relever la tête, et à prendre des atours séducteurs, trop beaux pour être vrais ! Alors n’écoutons pas les sirènes de la séduction facile. Agissons pour que ces « jours heureux » que le CNR promettait soient une réalité.

 La démocratie doit vivre. Elle seule peut garantir la valeur suprême, celle qui a nom : LIBERTÉ.

« La liberté, seule valeur impérissable de l’histoire » (Camus, L’homme révolté)

 

8 élèves de l'Ecole des Pupilles de l'Air ont lus des extraits du programme du CNR "les jours heureux"

 

PROGRAMME DU CONSEIL NATIONAL DE LA RESISTANCE
adopté à l'unanimité des membres du CNR le 15 mars 1944.

Mesures à appliquer dès la libération du territoire  

Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce but qui est la libération rapide du territoire,les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques, groupés au sein du Conseil national de la Résistance, proclament qu’ils sont décidés à rester unis après la Libération :

2 - Afin d’assurer :

- l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;

- la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;

- la liberté de la presse, son honneur, et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances d’argent et des influences étrangères ;

- la liberté d’association, de réunion et de manifestation ;

- l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;

- le respect de la personne humaine ;

- l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi.

 

3 - Afin de promouvoir :

- l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;

- une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général;

- l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’État après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;

- le retour à la Nation des grands moyens de production monopolisés, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques;

- le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.

- le droit au travail et le droit au repos (…)

4 - un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine;

- la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant

- un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;

- une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;

- une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.

- la possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.

5 - Ainsi sera fondée une République nouvelle (…).

Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif par les élus du peuple la continuité de l'action gouvernementale.

En avant donc, dans l'union de tous les Français rassemblés autour du CFLN et de son président, le général de Gaulle ! En avant pour le combat, en avant pour la victoire, afin que vive la France !

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