A.N.A.C.R. ISERE

21 juin 2017

Disparition De Mireille Monier Lovie, Amie de la Résistance, Vice-présidente nationale

                                               Mireille Monier  Lovie

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Mireille Monier Lovie est décédée le 2 juin. Ses amis de l'ANACR la savaient malade mais l'annonce de son décès n'en est pas moins un choc douloureux, terrible, Présidente déléguée Départementale de l'ANACR de la Drôme, Vice-présidente natio

nale, membre de la direction nationale des Amis depuis leur création, Mireille, avait avec notre Comité départemental des relations étroites d'amitiés. Mireille a consacré à l'ANACR toute son énergie, qu'elle avait grande, son intelligence, sa profonde connaissance des problèmes du monde combattant. Aux côtés de Jean Buisson, alors Président départemental de la Drôme à l'origine de la proposition de la Journée Nationale de la Résistance en 1988, Mireille a été une combattante déterminée pour faire aboutir cette juste revendication. Son franc parlé, ses enthousiasmes, ses colères homériques aussi, ont marqué notre association. Fidèle en amitiés, profondément humaniste, dévouée totalement à l'ANACR sa disparition est ressentie cruellement  par tous ceux qui l'ont connue et aimée, particulièrement les Amis de la Résistance de la première heure du BN à qui elle va tant manquer. Mireille était Chevalier de la Légion d'honneur et des Palmes académiques.  Avec notre profonde affection et nos condoléances émues et fraternelles, l'ANACR Isère assure Jean son époux, ses filles, son petit-fils Thomas qu'elle aimait tant, de son soutien le plus fidèle.

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Hommage à Antoine Polotti et Marco Lipszyc

Le 17 mai à Fontaine,22 Avenue Jean Jaurès, a eu lieu la cérémonie en hommage à Antoine Polotti commissaire aux effectifs et Marco Lipszyc commissaire aux opérations tous les deux membres de la direction des FTPF en Isère.
Intervention de Martine Peters Présidente départementale Déléguée :

 Comme chaque 17 mai, nous venons ici rendre hommage à la Résistance et à deux de ses martyrs. Cependant, cette année 2017 n’est pas une année comme les autres, cette année a été et reste celle de tous les dangers. En effet, les élections Présidentielles, avec une campagne électorale inouïe, ont montré que nombre de nos compatriotes ne se reconnaissent plus dans les valeurs de la République. Les idéologies qui ont engendré l’effroyable carnage du 20ème siècle renaissent, le racisme, la xénophobie, le refus des différences continuent à se répandre comme les plaies de l’Egypte. La banalisation du FN et de ses idées liberticides, dans les médias comme dans le discours de nombreux hommes politiques qui par conviction ou surenchère démagogique à visées électoralistes, s’en font parfois l’écho, est particulièrement inquiétante, pour preuve plus de 10 millions d’électeurs, bien plus qu’en 2012, qui, sans problème de conscience, ont voté pour la candidate du Front National. Comme Hercule nettoyant les écuries d’Augias avec  les eaux des fleuves,  la présidente du FN dans un flot de contre-vérités, de mensonges, d’omissions, veut  faire croire à un parti nouveau, sans passé, sans passif, en rupture d’extrême droite, un parti démocratique, républicain et social, cherchant à dédiaboliser cette vieille baderne outrancière, convoquant les grandes figures de la gauche, comme  Jean Jaurès, Jean Zay et offense suprême Jean Moulin, distordant l’histoire pour nourrir ses fantasmes récurrents de France pure, blanche, catholique. Pourtant même relooké couleur  pastel, le FN demeure le digne héritier des ligues fascistes d’avant-guerre, recyclant les idées nauséabondes vert de gris de Maurras, appelant à la haine, à l’exclusion, à un nationalisme exacerbé. L’ampleur de la crise morale, sociale et de la démocratie que connaît notre pays, très largement la conséquence de la remise en cause - encore accentuée cette dernière décennie - du pacte social et républicain mis en place à la Libération en s’inspirant du Programme du Conseil National de la Résistance, de la remise en cause des principes de maintien de la paix, de coopération entre les nations et de solidarité entre les peuples concrétisés par la création de l’ONU en 1945 lui ouvre un boulevard. Bien qu’écarté du pouvoir suprême pour cette fois, il va revenir lors des élections législatives et c’est pourquoi notre vigilance doit demeurer constante. Pour enfoncer le clou et montrer le vrai et hideux visage du danger frontiste ou de quelque nom dont il va s’affubler, l’ANACR s’appuie sur l’histoire de la Résistance, sa vérité, ses enjeux, ses aspirations, ses réalisations et se prononce pour une société juste et fraternelle, pour un monde pacifique et solidaire

Voilà le sens profond de notre présence ce soir : Etre fidèles aux valeurs humanistes, patriotiques et démocratiques de la Résistance, ces valeurs qui ont inspiré la lutte des Résistantes et Résistants, ces valeurs que Georges commissaire aux effectifs et Lenoir commissaire aux opérations, tous deux responsables FTPF, portés en eux, forgeant leur légende des premières révoltes à ce jour tragique de mai  1944. Nous sommes là pour qu’au-delà de la commémoration annuelle convenue, par un véritable travail militant, se transmette aux plus jeunes, ce que fut leur combat, ce que fut la Résistance et son héritage.

La mémoire est un enjeu idéologique, un combat qu’il faut mener sans concession, sans transiger, sans compromission afin de forger la conscience des citoyens d’aujourd’hui mais surtout de demain. Ainsi nous pourrons montrer le vrai et hideux visage des partis d’extrême- droite.

Le temps ravageur fait son œuvre, les témoins de cette époque sont de moins en moins nombreux, les  visages d’Antoine et de Marco ne sont plus que des photos aux tons fanés, leur histoire s’éloigne.

Alors il faut redire, encore, avec les mêmes mots, les vies qui se sont figées il y a 73 ans, sous les coups de la barbarie. J’éprouve toujours la même émotion en parlant d’eux,  parce que ces hommes au parcours exceptionnel, sont le symbole de ce que furent les Résistants et les Résistantes, engagés dans les combats libérateurs, engagés parce qu’avant tout communistes, engagés parce que voulant un monde de paix, de liberté, de justice, engagés parce qu’après la honteuse capitulation de Pétain, refusant la défaite, l’occupation des troupes nazies et la collaboration de Vichy, ils veulent « faire quelque chose » pour leur pays, celui des droits de l’homme qui leur avait ouvert les bras.  

Pour se souvenir et commémorer il faut savoir.

Les 14. 15 et 16 mai 1944, à  Lyon, à la suite d’une trahison, la quasi-totalité de l’état- major de l’inter région FTP de la Zone sud, sauf  3 membres, sont arrêtés par les hommes de  Klaus Barbie. Cela va entraîner des arrestations en cascade. En Isère aussi, les chefs FTPF se sentant menacés, l’Etat-major FTP décide de quitter l'agglomération grenobloise et de prendre le maquis. Le Comité militaire régional des FTP (Isère /Hautes Alpes) se réunit à 14 heures dans l’appartement de la famille Poulet. Un quart d’heure après le début de la réunion, 3 voitures de la Milice et 1 de la Gestapo s’arrêtent devant l’immeuble. Au court de l’échange de coups de feu, Polotti est abattu, Lipszyc blessé, est conduit à l’hôpital militaire de la Tronche, soigné,  puis transféré à l’hôtel Gambetta siège de la Gestapo. Le 21 juillet, au désert de l’Ecureuil à Seyssinet, il est fusillé avec 9 autres résistants. On peut raisonnablement penser que ces arrestations sont liées à la chute de l'Etat-major FTP de la Zone Sud même si on ignore toujours comment la Milice et la Police allemande étaient au courant de cette réunion.

Mais qui étaient ces deux responsables au parcours presque identique. Tous deux vont connaître l’exil très tôt, Marco, juif, né en 1912 dans une famille de la classe moyenne plus tard anéantie par les nazis, fuit la Pologne des colonels fascistes et antisémites, atterrit à Paris, Antoine, dont le père Maire d’une petite ville italienne  a fui l’Italie fasciste de Mussolini,  se retrouve à Longwy, adhère au  PCF en 35, et en 36 est à la tête des syndicats de la sidérurgie du bassin de Longwy.

Tous deux rejoignent les Brigades Internationales pour défendre la République  espagnole attaquée par les rebelles putschistes  de Franco et les avions de l’armée nazie qui font, à Guernica, sur cette terre rougie du sang mêlé des combattants et des civils leurs premiers raids meurtriers. Marco et Antoine font connaissance dans cette guerre civile, vivront les mêmes combats que les républicains,  jusqu’à l’automne 38 où à Barcelone devant 30 milles personnes et Dolores Ibarruri, la Pasionaria,  les brigadistes quittent une Espagne vaincue par les nationalistes.

Retour en France, la Meurthe et Moselle pour Antoine et la direction fédérale du PCF, Marco lui arrive à Grenoble pour retaper sa santé mise à mal par la guerre, travaille chez Merlin Gerin mais continue à fréquenter les lieux, les cafés ou les étudiants grenoblois de gauche refont le monde. Tous deux fondent une famille et en 1939 mobilisés sous l’uniforme français, ils recevront pour leurs actes de bravoure la croix de guerre.

Antoine à la demande du PCF va participer à la Résistance en Isère, prend contact avec Kioulou, Naime, Dufour, assume des responsabilités au Front National de la Résistance, puis au Comité Militaire Régional à l’Etat-major FTP Isère-Hautes Alpes. Marco mène de front sa tache militante sur son lieu de travail et son rôle de responsable politique communiste en Isère vivant le quotidien d’un résistant, il participe à la constitution des FTP, assume à la fois les actions sur le terrain et les fonctions dirigeantes, en février 44 il devient à côté de Polotti responsable politique, le responsable militaire FTP, renouvelle une direction décimée, organise un nouveau réseau de contacts, prend en charge l’organisation et la direction des 9 bataillons FTP .

 Antoine Polotti, Marco Lypszyc levés à l’aube du combat, ayant compris plus vite que beaucoup le danger du nazisme, sont morts jeunes, n’ont pas eu le temps de raconter, de transmettre leurs actions, leurs raisons, leurs engagements. Grace aux travaux d’historiens comme Claude Collin et son livre sur Marco Lypszyc, nous le connaissons un peu mieux mais  combien d’autres particulièrement FTPF, mériteraient de tels ouvrages car tous, ainsi que le disait Raymond Aubrac, pratiquaient la désobéisance. Le colloque sur les FTPF qui s’est tenu jeudi passé au Palais du Parlement a démontré qu’il y a encore beaucoup de recherches à mener sur ce sujet. 

Les résistants ne voulaient pas éradiquer le nazisme, le fascisme, ils se battaient pour une société plus égalitaire, plus fraternelle. Le rôle du CNR, la détermination obstinée de son premier Président Jean Moulin ont été capital tant pour l’union de la Résistance, et la victoire finale que pour l’avènement d’une France nouvelle grâce au programme du CNR « les jours heureux ». Les conquis de programme novateur, socle de notre pacte républicain, sont de décrets en lois, de renonciations en trahison, grignotés, rabotés, ou carrément supprimés, il est indispensable de rappeler que c’est dans une France exsangue après 5 ans de guerre, que les mesures les plus emblématiques comme la Sécurité sociale, les retraites, les nationalisations ont été les leviers pour promouvoir une société nouvelle, et que Ambroise Croizat, Marcel Paul ministres communistes à la libération ont, en 2 ans, changé la vie de millions de français et de françaises leur donnant enfin le plus précieux des biens - la dignité.

Ce passé de feu de fer de sang mais aussi d’espoirs, se lit en filigramme sur ce mur où sont gravés pour toujours les noms d’Antoine Polotti et Marco Lypszyc, nous ne devons pas le laisser disparaitre dans les brumes de l’oubli. Parce qu’ils pensaient qu’un jour l’humanisme gagnerait contre l’obscurantisme, que  la France, terre d’asile sans distinction d’origine, de culture, de religion demeurerait un phare pour le monde, parce qu’ils ont donné leur vie pour notre pays, leur pays, et qu’avec des milliers et des milliers de Résistants, ils lui ont rendu sa dignité, sa liberté, son honneur nous continuerons à maintenir vivante leur mémoire.

Permettez-moi d’achever avec ce magnifique hommage, bien connu mais si vrai,  de Pierre Brossolette, disant des résistants, à la BBC, le 22 septembre 1942 :

 La gloire est comme ces navires où l'on ne meurt pas seulement à ciel ouvert mais aussi dans l'obscurité pathétique des cales. C'est ainsi que luttent et que meurent les hommes du combat souterrain de la France. Saluez-les, Français ! Ce sont les soutiers de la gloire.

 

 

 

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Colloque FTPF en Isère, Savoie, Hautes Alpes

Le 11 mai  s’est tenu à Grenoble dans le Palais du parlement un colloque sur l’histoire des FTP. Le Musée de la Résistance et de la Déportation, des historiens, l’ANACR Isère, l’Amicale des anciens FTPF-FNR, l’AAMRDI, la FNDIRP, le Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes, se sont retrouvés pour la réalisation de ce moment d’histoire et de la publication d’un ouvrage riche de nombreuses contributions d’historiens publié aux PUG. Cette journée de réflexion sur les FTPF, ce livre vont poser des jalons précieux  pour mieux appréhender ce que fut ce mouvement résistant particulièrement important.

La matinée présidée par Olivier Cogne, historien, responsable du Musée Dauphinois a commencé par le salut de Jean Claude Perrin représentant le Président du Conseil Départemental, puis Alfred Rolland Président de l’Amicale des anciens FTPF-FNR a pris la parole suivi par Jacques Rolland. Cinq historiens sont intervenus pour une vingtaine de minutes chacun, Jean Marie Guillon pour l’introduction, Guy Krivopissko : les FTP de l’Isère dans les collections du Musée de la Résistance nationale de Champigny, Olivier Vallade : les FTP et la lutte armée à travers la presse clandestine locale, Claude Collin : le PCF et les FTP dans la Résistance iséroise, Marc Mauberret : la Résistance communiste dans le bassin minier matheysinL'après -midi les travaux reprirent sous la présidence de Michèle Gabert historienne. Sont alors intervenus les historiens  Jean Pierre Pellegrin : la Résistance FTP dans les Hautes Alpes un sujet ignoré, Michel Aguettaz : FTP dans la Résistance en Savoie une histoire toujours à compléter, Gil Emprin : De la lutte pour la Libération à l’action politique : que sont devenus les FTP (1944-1945) ? Enfin le colloque s’est achevé par la conclusion de Jean Marie Guillon. Un temps a été consacré au jeu des questions réponses. 

Intervention Alfred Rolland Président de l’amicale des F.T.P.F. de l’Isère.INTERVENTION__ALFRED_ROLLAND 

Intervention Jacques Rolland INTERVENTION__JACQUES_ROLLAND

Cliquez sur les liens pour accéder aux interventions

 

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Comprendre le FN pour mieux le combattre

L’ANACR départementale a organisé sa troisième journée de formation portant sur la connaissance de l’extrême-droite, le samedi 25 mars. Charles Lancha qui a fait un exposé très complet, précis et très documenté sur le FN ses tentatives de dédiabolisation, ses idées, son programme. Cliquer sur le lien pour lire cette intervention

intervention_Charles_Lancha

 

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La Journée de la Résistance, suite des interventions

Intervention de Martine Julian, Conseillière municipale déléguée à la Mémoire  ville de Grenoble

Depuis 2013, se tient chaque année la Journée nationale de la Résistance, dans le but de rendre hommage aux personnes qui ont lutté contre l’occupation et le régime nazi. Et pour cette commémoration, c’est la date du 27 mai qui a été retenue : date anniversaire du jour où en 1943, s’est tenue la première réunion fondatrice de ce qui allait devenir le Conseil national de la Résistance, le CNR.

Cela se passait en plein centre de Paris, dans l’appartement de René Corbin, un haut fonctionnaire proche de Jean Moulin, au premier étage du 48 rue du Four. Cette réunion, d’une importance politique extrême, était l’aboutissement d’un long travail de préparation mené depuis plus d’un an par l’homme que le général de Gaulle avait missionné à cette fin : Jean Moulin. Celui-ci était ainsi parvenu à l’unification des différentes forces de résistance de toutes tendances, ce qui était en soi un véritable tour de force : mettre autour de la table des représentants aussi bien des 8 grands mouvements de résistance, des deux grandes centrales syndicales et des 6 principaux partis politiques de la IIIe République.

Peu de temps après, le 21 juin, « Trahi, fait prisonnier, affreusement torturé par un ennemi sans honneur, Jean Moulin mourait pour la France, comme tant de bons soldats qui, sous le soleil ou dans l’ombre, sacrifièrent un long soir vide pour mieux remplir leur matin. » (Mémoires de guerre, Charles de Gaulle)

Il s’agissait donc d’unifier les mouvements de la Résistance, mais dans quel but ? Le plus urgent était, assurément, de mener le combat immédiat, quotidien, contre l’ennemi, l’occupant, les nazis, de mettre fin au gouvernement de collaboration. Mais là n’était pas le seul but de cette réunion. L’ambition comme aussi la clairvoyance de Jean Moulin et de ceux qu’il avait réunis allaient bien au-delà.

La première conséquence de cette réunion fondatrice du CNR fut la reconnaissance de la légitimité du général de Gaulle sur le plan international. C’est ainsi que la France sera présente lors de la capitulation des armées nazies le 8 mai 1945. C’est ainsi encore que, lors de la création de l’ONU, elle sera l’une des 5 grandes puissances à siéger au Conseil de Sécurité.

Mais dès cette date, en mai 1943, alors que l’issue victorieuse n’était qu’un lointain espoir, il s’agissait aussi de réfléchir sur l’après et de donner des fondements à un nouveau gouvernement, refonder la démocratie par l’élaboration d’un programme politique qui était à la pointe du progrès économique et social.

Les auteurs de ce programme devaient élaborer un modèle social qui mettait l’accent sur les droits et l’égalité des citoyens. Il instituait : un plan complet de sécurité sociale, préfiguration de notre Sécurité Sociale - l’éducation pour tous, avec une mention particulière pour l’éducation populaire - les retraites -la nationalisation des grandes entreprises qui avaient été exploitées par l’occupant- un programme culturel - l’indépendance de la presse, etc.

 Alors, devant un fait d’une telle importance, on peut se demander pourquoi l’on a attendu si longtemps, 70 ans, pour décider l’instauration de cette Journée nationale, pour ressentir l’impérieux besoin de mettre à l’honneur un homme comme Jean Moulin, mais aussi tous ceux qui l’ont accompagné ? Aujourd’hui, les faits peuvent paraître lointains, s’estomper dans les brumes du temps.

Mais précisément, c’est lorsqu’un épisode de l’histoire, de la culture, voire un fait de civilisation, tend à disparaître qu’il devient nécessaire, indispensable d’en parler et d’entretenir la flamme. C’est précisément pour conjurer l’oubli, qu’il faut remettre la pendule à l’heure.  Le temps ne fait rien à l’affaire !

En l’occurrence, ce programme du CNR, dont nous sommes les héritiers, quoi qu’on en dise, reste toujours d’actualité ; plus que jamais il doit être d’actualité, car les fondements sur lesquels il repose sont les fondements même d’une démocratie ouverte à tous, les fondements même de la République. Ce programme s’élevait contre le nazisme, il reposait sur l’affirmation des valeurs républicaines qui avaient été bafouées par un pseudo-gouvernement de collaboration.

Cette journée est donc faite pour commémorer un événement qui a eu des prolongements considérables jusqu’à nos jours. Mais un tel événement doit nous amener également à réfléchir sur notre présent, voire sur notre futur.

Alors que de manière régulière au gré de telle cérémonie, de telle commémoration ou autre manifestation, la Résistance est mise à l’honneur pour célébrer le courage, l’engagement, la lucidité de ces hommes et de ces femmes du passé, suffisamment convaincus de la justesse de leur lutte pour aller jusqu’à risquer leur vie, voilà qu’aujourd’hui, le verbe Résister n’a pas vieilli et prend toujours le même sens. Décidément depuis Marie Durand et ses compagnes de la Tour de Constance, jusqu’à Jean Moulin dans la prison de Montluc ou Nelson Mandela sur l’île de Robben Island, l’actualité nous somme toujours de rappeler l’inaliénabilité de notre devise qui s’affiche au fronton des Institutions publiques et des écoles, « Liberté, Égalité, Fraternité ».

Aujourd’hui Jean Moulin est entré au Panthéon « avec son terrible cortège », comme l’a proclamé Malraux. La leçon de celui qui disait :« Je ne savais pas que c’était si simple de faire son devoir quand on est en danger », doit nous conduire, non sur un chemin de haine de l’autre, de racisme ou d’exclusion, mais un chemin d’accueil, d’ouverture, de fraternité.

« Passant, souviens-toi ! » La formule est fréquente sur les tombes, sur les monuments. Mais il ne s’agit pas seulement de se souvenir. Ayons la lucidité de ceux qui nous ont précédés, car aujourd’hui nous ne pouvons pas dire : « Nous ne savions pas ! ». Nous savons ce qu’est une dictature, ce qu’est le fascisme, ce qu’est le nazisme. Il convient d’agir, avant qu’il ne soit trop tard.

 La barbarie refait surface, guidée par des idéologies obscures. L’exclusion de l’autre, parce que différent, reste une tentation à portée de main. L’arbitraire revêt des déguisements terriblement trompeurs. La bête immonde est toujours prête à relever la tête, et à prendre des atours séducteurs, trop beaux pour être vrais ! Alors n’écoutons pas les sirènes de la séduction facile. Agissons pour que ces « jours heureux » que le CNR promettait soient une réalité.

 La démocratie doit vivre. Elle seule peut garantir la valeur suprême, celle qui a nom : LIBERTÉ.

« La liberté, seule valeur impérissable de l’histoire » (Camus, L’homme révolté)

 

8 élèves de l'Ecole des Pupilles de l'Air ont lus des extraits du programme du CNR "les jours heureux"

 

PROGRAMME DU CONSEIL NATIONAL DE LA RESISTANCE
adopté à l'unanimité des membres du CNR le 15 mars 1944.

Mesures à appliquer dès la libération du territoire  

Unis quant au but à atteindre, unis quant aux moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce but qui est la libération rapide du territoire,les représentants des mouvements, groupements, partis ou tendances politiques, groupés au sein du Conseil national de la Résistance, proclament qu’ils sont décidés à rester unis après la Libération :

2 - Afin d’assurer :

- l’établissement de la démocratie la plus large en rendant la parole au peuple français par le rétablissement du suffrage universel ;

- la pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression ;

- la liberté de la presse, son honneur, et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances d’argent et des influences étrangères ;

- la liberté d’association, de réunion et de manifestation ;

- l’inviolabilité du domicile et le secret de la correspondance ;

- le respect de la personne humaine ;

- l’égalité absolue de tous les citoyens devant la loi.

 

3 - Afin de promouvoir :

- l’instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ;

- une organisation rationnelle de l’économie assurant la subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général;

- l’intensification de la production nationale selon les lignes d’un plan arrêté par l’État après consultation des représentants de tous les éléments de cette production ;

- le retour à la Nation des grands moyens de production monopolisés, fruits du travail commun, des sources d’énergie, des richesses du sous-sol, des compagnies d’assurances et des grandes banques;

- le droit d’accès, dans le cadre de l’entreprise, aux fonctions de direction et d’administration, pour les ouvriers possédant les qualifications nécessaires, et la participation des travailleurs à la direction de l’économie.

- le droit au travail et le droit au repos (…)

4 - un rajustement important des salaires et la garantie d’un niveau de salaire et de traitement qui assure à chaque travailleur et à sa famille la sécurité, la dignité et la possibilité d’une vie pleinement humaine;

- la reconstitution, dans ses libertés traditionnelles, d’un syndicalisme indépendant

- un plan complet de sécurité sociale, visant à assurer à tous les citoyens des moyens d’existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se les procurer par le travail, avec gestion appartenant aux représentants des intéressés et de l’État ;

- une retraite permettant aux vieux travailleurs de finir dignement leurs jours ;

- une extension des droits politiques, sociaux et économiques des populations indigènes et coloniales.

- la possibilité effective pour tous les enfants français de bénéficier de l’instruction et d’accéder à la culture la plus développée quelle que soit la situation de fortune de leurs parents, afin que les fonctions les plus hautes soient réellement accessibles à tous ceux qui auront les capacités requises pour les exercer et que soit ainsi promue une élite véritable, non de naissance mais de mérite, et constamment renouvelée par les apports populaires.

5 - Ainsi sera fondée une République nouvelle (…).

Ainsi sera rendue possible une démocratie qui unisse au contrôle effectif par les élus du peuple la continuité de l'action gouvernementale.

En avant donc, dans l'union de tous les Français rassemblés autour du CFLN et de son président, le général de Gaulle ! En avant pour le combat, en avant pour la victoire, afin que vive la France !

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29 mai 2017

Journeé Nationale de la Résistance

Le samedi 27 mai 2017 a eu lieu à Grenoble , place de la Résistance, devant la stèle Jean Moulin; la cérémonie commémorative de la Journée nationale de la Résistance, afin de pérpétuer la mémoire de la Résistance et d'en transmettre les valeurs ausx jeunes générations.

La cérémonie a commencé par la lecture par huit élèves de l'Ecole des pupilles de l'Air de Montbonnot, de plusieurs passages du programme "les jours heureux" voté à l'unanimité le 15 mars 1944 par le Conseil National de la Résistance (CNR) programme novateur pour construire à la libération du territoire une société nouvelle sociale, solidaire.
Le Chant des pPartisans a résonné sur cette place dédiée aux héros et martyrs de cette sombe période historique. Martine Peters présidente départementale de l'ANACR est intervenue, Puis Martine Jullian, Conseillère municipale déléguée à la Mémoire a fait une brillante intervention rappelent les faits historiques et appelant à la vigilance.Lionel Beffre, Préfet de l'Isère a lu le discours de Monsieur le Président de la République.
Après le dépot des gerbes, la cérémonie s'est achevée par la Marseillaise. 

Intervention Martine Peters

Il y a 74 ans, le 27 mai 1943, au cœur de Paris occupé depuis près de trois ans, par l'armée nazie avec le concours des forces de répression du régime collaborateur que présidait Pétain, se réunissaient  48 rue du Four les représentants de huit grands mouvements de Résistance, de six partis politiques résistants (communiste, socialiste, radical, démocrates-chrétiens, Fédération républicaine et Alliance démocratique) ainsi que de deux centrales syndicales clandestines (CGT et CFTC), autour de Jean Moulin, ce préfet d'Eure-et-Loir qui avait tenté de se suicider le 17 juin 1940, pour ne pas risquer de céder à l'occupant lui enjoignant d'accuser faussement de meurtre de civils des soldats sénégalais de l'armée française. Et qui, révoqué par l'administration pétainiste, était entré en résistance dès novembre 1940 et depuis lors s'était consacré au rassemblement de toutes les forces de la Résistance

 Jean Moulin, homme de conviction mais aussi visionnaire ayant foi en l'avenir de notre pays car, dans la France écrasée comment miser sur une  résistance balbutiante et éparpillée, décide d'aller à Londres demander à Charles de Gaulle de lui confier une mission de coordination de la Résistance. Le général le désignera  comme son unique représentant  et le délégué du Comité National Français,  chargé d'unir les résistances intérieure et extérieure.

 Il faudra à Jean Moulin, des mois d'efforts pour surmonter toutes les difficultés - dont certains antagonismes avec et entre les chefs des mouvements de Résistance, et réunir ces 16 hommes autour de lui, dans les conditions terribles de la clandestinité.

 Pour arriver à ce 27 mai, Max, haute et lumineuse figure,  aura jeté dans le combat toutes ses forces, parfois jusqu'à l'épuisement, sans cesse sous la menace d'une arrestation, lui l'homme le plus recherché par la Gestapo. Quelques jours plus tard, arrêté, torturé, il ne parlera pas et meurt dans le train qui devait le conduire en Allemagne le 8 juillet 1943.

 André Malraux dira de Jean Moulin lors de l'entrée de ses cendres au Panthéon le 19 décembre 1964 : Il n'a nul besoin d'une gloire usurpée : ce n'est pas lui qui a créé Combat, Libération, Franc-tireur, c'est Frenay, d'Astier, Jean-Pierre Lévy. Ce n'est pas lui qui a créé les nombreux mouvements de la zone Nord dont l'histoire recueillera tous les noms. Ce n'est pas lui qui a fait les régiments mais c'est lui qui a fait l'armée. Il a été le Carnot de la Résistance.

Cette réunion, qui dura une petite heure, sera un moment historique: à son issue naitra, sous la présidence de Jean Moulin, le Conseil National de la Résistance, le CNR. L'événement sera en effet de portée considérable : toutes les forces de la Résistance, jusque-là dispersées, vont être désormais coordonnées, il ouvre la voie à l'unification au sein des FFI des différentes structures militaires de la Résistance, il va conduire à l'élaboration, puis à la publication dix mois plus tard, en mars 1944, du Programme du Conseil National de la Résistance.

 Evénement de portée considérable puisque, lors de sa réunion constitutive, le CNR, en se plaçant sous l'autorité du Comité National Français présidé par le Général de Gaulle, va aussi permettre au chef de la France Libre, «j'en fus à l'instant plus fort» dira-t-il, de s'affirmer face à Giraud - porteur d'un pétainisme sans Pétain non sans audience auprès des Anglo-américains - comme étant le seul représentant de l'ensemble de la France Combattante, tant en lutte de Résistance sur le sol national occupé que combattant sur tous les théâtres d'opération d'Europe, d'Afrique, d'Asie et du Pacifique, où s'illustraient aux côtés des Alliés les Français libres et à la France de s'assoir à la table des vainqueurs à Berlin.

 Patriotisme, humanisme, idéaux démocratiques et aspiration à une société solidaire, à un monde juste et en paix, furent les valeurs qui motivèrent l'engagement des Résistantes et des Résistants dans le combat contre l'occupant nazi, et le régime pétainiste complice de ses crimes ; combat convergeant avec celui des Français Libres et prenant sa place dans la lutte des peuples et des forces alliées contre la barbarie génocidaire et liberticide. 

 Ce furent les valeurs inspiratrices du Programme du Conseil National de la Résistance, intitulé « les jours heureux » qui dessina les contours d'une France rénovée après sa libération, d'une France démocratique sur les plans politique, économique et social, d'une France solidaire ; programme qui, par la mise en place à la Libération par le Gouvernement présidé par le Général de Gaulle de nombre des mesures qu'il préconisait, permit de redresser économiquement la France, d'affirmer son indépendance nationale, d'approfondir sa vie démocratique en même temps que des avancées formant encore aujourd'hui - malgré des remises en cause accentuées ces dernières années - le socle de notre protection sociale.

 Soixante-douze ans après la victoire le 8 mai 1945 des peuples et des armées alliées sur la barbarie du nazisme et des fascismes, le monde contemporain connaît hélas toujours la guerre, l'oppression, le racisme, les discriminations et épurations ethniques, les persécutions religieuses, le sous-développement social et culturel de populations entières, les actes de terrorisme barbare, tels ceux qui, après et avec d'autres pays, ont frappé la France en 2015, 2016 et en ce début 2017, tous fléaux contre lesquels il faut se dresser sans faillir. Comment ne pas avoir une pensée solidaire pour les victimes de Manchester au Royaume Uni où, lundi dernier, un kamikaze, dans un concert, a fait 22 morts et de nombreux blessés, dont beaucoup de jeunes, d'enfants.

 Les héritiers des idéologies criminelles vaincues en 1945 relèvent la tête, paradent dans les rues, font l'apologie publique de ceux qui se firent les acteurs ou complices des crimes fascistes et nazis, et – pire - retrouvent une audience qui va croissante à la faveur des crises que connaissent nos sociétés et le monde : en Europe orientale et centrale, en Europe tant du Nord que de l'Ouest. En Grèce, un parti ouvertement néonazi est entré au parlement... Dans notre pays, la xénophobie et les discours faisant des immigrés, des réfugiés fuyant les persécutions, les guerres, la pauvreté, la famine, les responsables de maux que connaît notre société - tels le chômage ou l'insécurité - ne sont plus que la seule marque de l'extrême-droite mais ont contaminé hélas nombre de discours. Les dernières élections nous ont prouvé que les frontières sont poreuses et que les idées liberticides  de l'extrême-droite font recette. Haine, exclusion, nationalisme exacerbé ne doivent pas remplacer la devise humaniste de notre pays - liberté, égalité, fraternité - venue de la Révolution française. La vigilance s'impose pour les semaines, les mois à venir.

 L'Association Nationale des Anciens Combattants et Ami(e)s de la Résistance, à l'origine de la proposition d'une Journée Nationale de la Résistance le 27 mai, soutenue entre autres par la FNDIRP,  remercie la municipalité de Grenoble de répondre présente chaque année, ici devant cette stèle, pour un moment privilégié du passage de la mémoire aux générations contemporaines, en même temps que d'hommage à la place de la Résistance dans l'histoire de notre pays, d'hommage aux Résistantes et Résistants qui ont lutté et trop souvent sont tombés pour sa liberté dans la France occupée et dans les camps de la mort.

 Jean Moulin,   « trahi, fait prisonnier, affreusement torturé par un ennemi sans honneur, mourrait pour la France, comme tant de bons soldats qui, sous le soleil ou dans l'ombre, sacrifièrent un long soir vide pour mieux « remplir leur matin » comme l'écrivit le Général de Gaulle dans ses mémoires, et tous ses Compagnons de combat surent, au plus noir de la nuit de l'occupation et de la barbarie, dépasser leurs différents et  s'unir pour rendre à notre pays sa liberté, sa conscience, son humanité, son honneur. Ils étaient la Résistance, ils étaient la France.

 Lionel Beffre lit le message du Président de

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Gerbe de l'ANACR

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04 mai 2017

déclaration de l'ANACR - éléctions présidentielles et législatives

 

EN FIDELITE AUX VALEURS DE LA RESISTANCE

 

En ce premier semestre 2017, le peuple français a été et est appelé - lors des élections présidentielles et législatives - à choisir celles et ceux qui auront à diriger la France dans les cinq prochaines années, à choisir des options qui engageront son destin pour plus longtemps.

 Le résultat obtenu le 23 avril par la candidate du Front National au premier tour de l’élection présidentielle – plus de 7 600 000 voix, plus d’1,2 million de plus qu’en 2012 – soulève une vive inquiétude, car elle traduit une progression des idées xénophobes et liberticides qu’elle professe ; inquiétude d’autant plus grande que d’autres candidats, par conviction ou surenchère démagogique à visées électoralistes, s’en sont parfois fait l’écho.

 Cette progression révèle l’ampleur de la crise morale, sociale et de la démocratie que connaît notre pays, très largement la conséquence de la remise en cause -encore accentuée cette dernière décennie - du pacte social et républicain mis en place à la Libération en s’inspirant du Programme du Conseil National de la Résistance (C.N.R.), de la remise en cause des principes de maintien de la paix, de coopération entre les nations et de solidarité entre les peuples concrétisés par la création de l’ONU en 1945.

 Fidèle aux valeurs humanistes, patriotiques et démocratiques de la Résistance, ayant inspiré la lutte des Résistantes et Résistants, l’Association Nationale des Anciens Combattants et Ami(e)s de la Résistance n’a cessé, depuis sa création en 1945, de combattre la xénophobie et les résurgences du fascisme, masqué ou non,  de se prononcer pour une société juste et fraternelle, pour un monde pacifique et solidaire.

 A l’heure où, en mai et juin prochain, les Françaises et les Français vont à nouveau devoir s’exprimer, en élisant le nouveau Président de la République et les député(e)s d’une nouvelle Assemblée nationale, l’ANACR les appelle à - en conscience et en toute liberté - prendre en compte dans la détermination de leurs choix ces valeurs exprimées par le Programme du CNR, ainsi que la nécessité de prolonger, sans faiblesse ou complaisance, le combat antifasciste des Résistant(e)s.

L’ANACR

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06 mars 2017

Disparition de Louis Cortot Président National de l'ANACR

Louis Cortot

L'ANACR en deuil

C'est avec une profonde tristesse que nous venons d'apprendre le décès hier matin de notre Président National Louis Cortot à l'âge de 92 ans.

La date des obsèques n’est pas encore fixée, vraisemblablement un hommage national lui sera rendu.

Biographie : LOUIS CORTOT

FFI
FTPF
OS

Louis Cortot est né le 26 mars 1925 à Sombernon en Côte d’Or. Son père était artisan ferblantier. 

Il quitte la Côte d’Or en 1937 avec ses parents pour s’installer à Saint-Cloud où il passe son certificat d’études. Il fréquente également le club d’aviation populaire de Boulogne-Billancourt qui lui apporte des connaissances en mécanique.

 Au début de l’occupation, il est étudiant dans une école professionnelle à Suresnes. Très rapidement, au début de l’année 1941, à l’âge de 15 ans, il rejoint la résistance tout comme son frère aîné, Jean Cortot.

Entré en contact avec l’Organisation spéciale (OS) du Parti communiste, il manifeste son désir de participer à l'action directe ; il commence par récupérer des armes, couper des lignes téléphoniques et distribuer des tracts.  Parallèlement, il doit abandonner ses études au milieu de sa troisième année à l'Ecole supérieure de Suresnes et devient  ajusteur.

 C’est dans l’usine dans laquelle il travaille qu’il confectionne les bombes qu’il va utiliser lors de ses missions.

Louis Cortot réussit avec brio de nombreuses opérations ; il provoque ainsi avec son groupe le déraillement d'un train de tanks provenant des usines Renault, rend inutilisable un transformateur disjoncteur à Issy-les-Moulineaux en mai 1942 et participe au grenadage d’un convoi de jeunesses hitlériennes à Trappes.

En juillet 1942, son groupe fait sauter le bureau du Rassemblement national populaire (RNP) à Boulogne-Billancourt, puis détruit à l’explosif le bureau d’embauche des ouvriers français volontaires pour le travail en Allemagne de Courbevoie.

En janvier 1944, Louis Cortot rejoint les Francs-Tireurs et Partisans (FTP) de Seine-et-Marne pour participer à l'implantation d'un maquis à Saint-Mammès. A partir de mai, il est chargé des liaisons entre l’Etat-major des Forces françaises de l'intérieur (FFI) de Seine-et-Marne et celui de Paris.

Le 26 août 1944, il est très grièvement blessé à la face à Lieusaint en Seine-et-Marne, par des éclats de balles explosives, au cours des combats de la libération, faisant, malgré cela, preuve d'un grand courage et de sang-froid en n'acceptant que sur ordre formel de rejoindre un poste sanitaire.

Le 11 novembre 1944, il est décoré de la croix de la Libération par le général de Gaulle à l'Arc de Triomphe.

Après sa convalescence, il est responsable pour la Seine-et-Oise des milices patriotiques et de la Garde civique républicaine. Il est notamment en charge de l’instruction des dossiers pour le jugement des collaborateurs du département.

Aspirant de réserve à la fin de la guerre, il retourne à la vie civile d’abord comme ajusteur, puis dans la branche aéronautique chez Dassault en 1947 où il fait ensuite toute sa carrière.

Louis Cortot est président national de l’Association nationale des anciens combattants et ami(es) de la Résistance (ANACR) et membre du Conseil de l’Ordre de la Libération depuis décembre 2010. Il préside aussi, à compter de l'été 2012, l'association des amis du musée de l'ordre de la Libération.

Louis Cortot est décédé le 5 mars 2017 à Saint-Mandé dans le Val de Marne.


• Grand Officier de la Légion d'Honneur
• Compagnon de la Libération - décret du 8 novembre 1944
• Croix de Guerre 39/45 (1 citation)
• Croix du Combattant 39/45
• Croix du Combattant Volontaire 39/45
• Croix du Combattant Volontaire de la RésistanceLouis Cortot

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14 février 2017

Semaine de l'Affiche Rouge

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02 février 2017

CNRD 2017

CNRD 2016-2017

Le thème du Concours National sur la Résistance et de la Déportation est: « La négation de l'homme dans l'univers concentrationnaire nazi » . La date des épreuves du concours a été fixée au vendredi 24 mars 2017, pour les devoirs individuels sur table, dans l'ensemble des établissements à l'étranger et en France à l'exception de la Nouvelle-Calédonie et de Wallis-et-Futuna où elles auront lieu le lundi 29 mai 2017.

Pour plus d'informations sur le règlement du concours et les modalités de participation, se référer au Bulletin officiel de l'Education nationale:

http://www.education.gouv.fr/pid285/bulletin_officiel.html?cid_bo=104 096

Sources: http://www.fndirp.asso.fr - https://www.canope-creteil.fr - Supplément Le Patriote Résistant N°914.

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